Comment prendre en photo les feux d’artifice avec son smartphone Android

Les feux d’artifice sont des spectacles la plupart du temps magnifiques. On a souvent envie de les immortaliser sur son smartphone avec l’appareil photo intégré, mais ne nous mentons pas, il est plus rare de réussir à capturer le moment tel qu’on l’a vécu. Le plus souvent, soit la photo est toute sombre, soit trop exposée et donc trop claire ou alors elle est complètement floue. Le 14 juillet est synonyme de feux d’artifice et certains d’entre vous seront peut-être tentés d’en garder un souvenir ou les partager à leurs proches à l’aide de photo. Essayons de réunir les éléments nécessaires à la réalisation de belles photos, avec un smartphone.

Vous voulez réaliser de belles photos des feux d’artifice qui se préparent ? On vous prévient tout de suite : sans trépied, c’est presque mission impossible. Avec un trépied et une bonne application photo, il est possible de se rapprocher du résultat de la photo présente en une de l’article. Un peu de patience, de la technique et surtout de la persévérance. Essayons de faire la liste des éléments à prendre en compte pour une photo réussie.

 

Un bon trépied

Comme nous l’avons indiqué en introduction, il est nécessaire de posséder un trépied (ou au moins un monopode) sous peine de se retrouver avec des photos floues ou ratées. Comme nous allons le voir plus loin, nous allons utiliser de longues expositions de plusieurs secondes. Il ne faudra surtout pas bouger pendant tout le temps de l’exposition, sous peine de rendre la photo totalement floue. On peut trouver des mini trépieds abordables et très pratiques comme par exemple le GorillaPod de Joby à 21 euros qui a la particularité d’être très flexible et modulaire, mais aussi le seul à intégrer directement l’adaptateur pour fixer le smartphone aux trépieds. On peut également conseiller le Cullman Picollo à 20 euros, moins flexible et donc plus stable. Il est possible, pour une quarantaine d’euros, d’acheter un trépied bien plus haut, pour passer au-dessus la foule comme l’Alpha 2500, ou un monopode comme le Manfrotto à 24 euros. Le monopode est plus pratique à manipuler, mais bien moins stable.

 

Un bon smartphone

Au niveau du smartphone, il faut disposer d’un capteur tout de même assez bon pour réussir à capter suffisamment de lumière sans ajouter trop de bruit à la photo. Il faudra alors préférer les capteurs rétroéclairés (CMOS BSI) puisqu’ils permettent de capter davantage de lumière dans un environnement sombre. La définition du capteur ne fait pas tout, mais en dessous de 8 mégapixels, on peine à trouver de bons capteurs, sauf certains comme l’UltraPixel des HTC One M7 et M8 de 4 mégapixels qui se débrouillent plutôt bien en faible luminosité, mais avec une définition à la ramasse. Pour les photos de nuit, on conseillera plus particulièrement les Galaxy S6 et Galaxy S7 qui sont vraiment les rois de la photo en basse luminosité.

Dans les généralités, il vaudra mieux préférer un capteur intégrant des plus gros photosites que la moyenne, à l’image des 1,55 um du HTC 10 qui se débrouille plutôt bien en faible luminosité. Pas la peine d’utiliser le flash, puisqu’il ne vous saura d’aucune utilité et risquerait même de faire ressortir quelques détails du premier plan inutile (une branche d’arbre, une personne, etc.) et qui ont plus intérêt à rester dans la pénombre.

 

Le lieu

Ca peut paraître bête, mais le lieu est un élément primordial à prendre en compte. Il faut une vue bien dégagée, de la place pour installer le trépied et être sûr que personne ne viendra s’installer devant. Le vent est également un élément à prendre en compte pour éviter que la fumée des artifices ne vienne se positionner devant le spectacle. Le mieux est donc d’être positionné avec le vent dans le dos, comme sur le Tour de France.

 

L’application

Pour réaliser des photos nettes et lumineuses des feux d’artifice, il faut absolument posséder une application appareil photo pour gérer manuellement de nombreux réglages comme la durée d’exposition, la sensibilité des ISO, la mise au point et idéalement le support de l’enregistrement en RAW en plus du format JPEG.

Nous n’avons pas trouvé beaucoup de logiciels aussi complets et notre choix se portera donc sur l’excellent Camera FV-5, une application malheureusement payante (2,99 euros), mais qui en vaut clairement le coup. Une version lite (gratuite) existe et permet de profiter de toutes les fonctionnalités, mais ne permet pas d’exporter les photos dans une définition supérieure à 640 x 480 pixels.

On peut également citer SnapCamera HDR à 2,14 euros spécialisée dans la prise de photos HDR, mais qui peut également réaliser des poses longues. On trouve aussiManual Camera, la référence en la matière, mais qui commence à vieillir. Enfin, l’application ProShot est la favorite d’Ulrich avec une interface ergonomique et des bonnes performances.

En gratuit, on retrouve Long Exposure 2, une application dont la dernière mise à jour remonte à plus d’un an avec largement moins d’options disponibles et une interface utilisateur vraiment dépouillée et peu claire. A Better Camera est actuellement à 0,99 euro, mais pas forcément compatible avec l’API Camera2. Nous vous recommandons donc de passer à la caisse, vous ne regretterez pas les 3 euros dépensés pour Camera FV-5, si vous prenez le temps de comprendre son fonctionnement.

Certaines interfaces constructeurs intègrent une application appareil photo un peu plus poussée que celle de base. On pense notamment aux Windows Phone de Nokia ou à ceux d’Oppo sous ColorOS. Vérifiez donc au préalable que votre application ne permette pas de régler la durée d’exposition, la sensibilité des ISO et le mode d’autofocus.

 

La prise de vue

Pour réaliser une photo réussie d’un feu d’artifice, plusieurs réglages doivent être pris en compte.

Tout d’abord, vous allez profiter des premiers tirs pour réaliser la mise au point et le cadrage. Une fois la mise au point réalisée sur un tir, il faudra alors bloquer celle-ci avec la fonctionnalité AF-L (AF-Lock). De cette manière, vous êtes sûr de toujours avoir la même mise au point. Vous ne perdrez pas votre temps à la refaire à chaque fois.

Ensuite, il faudra régler le couple durée d’exposition et sensibilité des ISO. Vous pouvez commencer à régler les ISO entre 100 et 200 puis la durée d’exposition comprise entre 2 et 4 secondes. Si c’est trop exposé (trop lumineuxà, réduisez le temps d’exposition. Si c’est sous-exposé (trop foncé), faites l’inverse : augmentez le temps d’exposition. Il ne faut toutefois pas spécifier une valeur trop élevée sous peine d’avoir une photo qui commence à être floue ou brouillonne à cause des retombées des éléments incandescents. Si la photo est trop sombre et que vous ne pouvez plus jouer avec la durée d’exposition, vous pouvez toujours monter les ISO. Mais attention au bruit numérique généré sur la photo sous forme d’artefacts. À noter qu’il est possible de modifier la durée d’exposition rapidement avec l’indicateur -2 +2 situé en bas à droite de l’écran sur Camera FV-5. Pratique pour affiner la durée d’exposition au fil des tests.

Si vous n’avez pas de trépieds, vous aurez du mal à réaliser des photos nettes à cause du temps d’exposition plus long que la normale. Essayez donc d’augmenter le plus possible les ISO et de réduire le plus possible la durée d’exposition. La qualité de l’image en prendra un coup, mais vous pourrez peut-être réussir à réaliser quelques clichés potables.

Enfin, l’idéal est de réaliser les clichés au format RAW contrairement au format classique en JPEG. Tous les smartphones ne sont pas compatibles (ils doivent supporter l’API Camera2 de Google), mais le format RAW permet une plus grande latitude lors du processus de développement et retouche. Le format RAW enregistre beaucoup plus d’informations en provenance du capteur, avec peu ou pas de compression. Il est ensuite possible, avec des logiciels spécialisés comme Lightroom, de rattraper de nombreux réglages sans perte de qualité : balance des blancs, exposition, ombres, hautes lumières, etc. Pratique pour assombrir le ciel (ou faire ressortir le bleu) tout en faisant ressortir le feu d’artifice.

N’hésitez pas à lire la documentation de Camera FV-5 qui est extrêmement complète et qui détaille bien toutes les possibilités offertes par l’application.

 

Un peu de créativité

Envie de tester quelque chose qui sort de l’ordinaire ? Testez donc la technique de la carte noire (black card). Il s’agit en fait de laisser ouvert le capteur de manière très longue (par exemple 30 secondes) afin d’avoir sur une même photo deux effets pyrotechniques différents. Entre chaque tir, il faudra boucher l’objectif avec un objet comme un chapeau ou une carte noire, d’où le nom de la technique. N’hésitez pas à nous partager les photos que vous réaliserez lors des feux d’artifice !

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