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Homophobe, misogyne, raciste… Jair Bolsonaro, le député brésilien qui ose tout

on December 13, 2014

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La Commission nationale de la vérité sur les crimes commis par la dictature militaire au Brésil a rendu ses conclusions cette semaine. Elle a révélé les noms de 434 morts et disparus entre 1964 et 1985 et a diffusé une liste de 377 personnes, dont beaucoup de militaires, qu’elle juge responsables de graves violations des droits de l’homme.

Après la présentation officielle, lors de laquelle la présidente, Dilma Rousseff, elle-même torturée, était au bord des larmes, les discours d’élus se sont succédé.

Maria do Rosario, députée du Parti des travailleurs (PT) et ancienne ministre de l’ex-président Lula, a rendu hommage à la Commission et déploré “la honte absolue” qu’ont été les abus de droits de l’homme de la dictature. A sa suite est intervenu Jair Bolsonaro, député du Parti progressiste (PP) et militaire de réserve bien ancré à droite.

Devant les caméras, il interpelle sa collègue, lui demande de ne pas partir, et l’invective. Il évoque les accusations de Maria do Rosario sur les viols à grande échelle pratiqués par les militaires sous la dictature, qu’il nie, et lui lance : “Je ne te violerai pas. Tu ne le mérites même pas.”

Insulter aussi violemment une collègue dans l’enceinte de l’Assemblée provoquerait un tollé dans presque n’importe quel pays. Au lieu de présenter des excuses, Jair Bolsonaro, qui n’en est pas à son coup d’essai, si l’on peut dire, a diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux et s’est félicité, parlant de lui à la troisième personne.

A ceux qui se sont étonnés de la violence et de la misogynie de ses propos, Jair Bolsonaro a évoqué un vieux contentieux. En 2003, une altercation s’était déjà produite avec Maria do Rosario, là encore devant les caméras. Le député jure encore aujourd’hui qu’il a été traité de “violeur”, et qu’il en a les preuves, ce qui justifierait son comportement.

Or dans cette vidéo, vieille de onze ans, on ne le voit que lui, traitant Maria do Rosario de “salope”, qu’elle “ne mériterait pas d’être violée par lui” et terminant en l’incitant à “aller pleurer plus loin”.

“Je préfère que mon fils meurt dans un accident de voiture plutôt qu’il soit homosexuel”

Jair Bolsonaro aime se présenter comme “un homme qui gêne”, un homme qui dit les choses comme il les pense, que “l’esquerdalha”, les gauchistes, persécutent.

Voilà qui rappelle certaines postures tenues en France, que ce soit par un maire ex-UDI qui dérape sur les Roms, par Christian Vanneste après son exclusion de l’UMP pour ses propos sur la déportation d’homosexuels, ou par Christine Boutin.

Mais Jair Bolsonaro va bien plus loin. Il traîne une suite de polémiques si longue que les politiciens sulfureux d’autres pays ne peuvent que s’incliner. Ses propos sont si extrêmes qu’ils en seraient presque caricaturaux, si l’homme n’assumait pas tout.

Pour le site The Intercept, “toute démocratie a son lot de députés crétins et intolérants, les Etats-Unis en ont plus que d’autres. Mais Bolsonaro est une honte nationale unique.” Paradoxalement (ou peut-être pas tant que ça), il peut se targuer d’être élu sans discontinuer depuis 1990 à Rio de Janeiro, et d’avoir obtenu le meilleur score de l’Etat lors des dernières élections.

Sur son site, Terra liste les “dix polémiques de Bolsonaro”, où l’on apprend notamment que :

Il s’en est pris à plusieurs reprises à Dilma Rousseff et à sa volonté de sensibiliser les jeunes enfants à l’homophobie dans les écoles. Lors d’une audition à la Chambre des députés, il lui a demandé “d’arrêter de mentir” et “d’admettre son amour pour les homosexuels”. Il s’en est également pris à Eleonora Menicucci, ministre du droit de femmes, qualifiée de “grosse gouine”.
Une sénatrice du Parti socialisme et liberté (PSOL), classé à gauche, a demandé qu’une enquête soit ouverte. Jair Bolsonaro a rétorqué en affirmant qu’il “répondrait [à cette demande] que sur du papier toilette” car le PSOL “est un parti de connards et de pédés”.
En 2011, il a affirmé dans une interview qu’il préférerait que son “fils meure dans un accident de voiture plutôt qu’il soit homosexuel”. “Pour moi, il serait de toute façon mort. Si un couple homosexuel vient s’installer à côté de chez moi, ils vont faire baisser le prix de l’immobilier”, a-t-il ajouté pour faire bonne mesure. La même année, il répondait à une actrice noire qui lui demandait ce qu’il ferait si son fils tombait amoureux d’une femme de couleur :
“Je ne vais parler de promiscuité ni avec toi, ni avec personne. Ça ne risque pas d’arriver, car mes fils ont été bien élevés et n’ont pas grandi dans le type d’environnement qui a malheureusement été le tien.”

Enfin, il défend ouvertement la torture pour l’obtention d’informations, car “les dealers et les kidnappeurs n’ont plus de droits humains”.
“Ironie”

La députée Maria do Rosario a promis de porter plainte.
La dernier scandale “made in Bolsonaro” est peut-être celui de trop. La députée Maria do Rosario a promis de porter plainte ; le ministère des droits de l’homme a diffusé un communiqué trouvant “incroyable qu’un élu puisse utiliser sa position pour cracher sa haine et inciter au crime” ; quatre partis politiques, dont le PT, ont déposé un recours pour demander son exclusion de la Chambre des députés.

Mais Jair Bolsonaro reste confiant. Il balaie la possibilité de perdre son mandat et répète à ZH Noticias, dans une longue interview mise en ligne jeudi, qu’il “est la victime. C’est elle, l’agresseure.” Il assure que son intervention a été mal comprise, qu’il s’agissait “d’ironie”. Et répète encore, pour bien se faire comprendre :

“Je ne suis pas un violeur. Mais si je l’étais, je ne la violerais pas, parce qu’elle ne le mérite pas. Elle est très méchante, et très moche. Ce n’est pas mon genre.”

Luc Vinogradoff

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One response to “Homophobe, misogyne, raciste… Jair Bolsonaro, le député brésilien qui ose tout

  1. colltales says:

    The worst part of this is that Jair Bolsonaro is not the exception but almost the rule among many Brazilian congressmen, include some who were elected by a record breaking number of votes. There’s an increase in the number of reported hate crimes in Brazil, and also violence against women, which this case is both, and I’m not alone pointing to the rising radical religious right as one of its causes. This new cast of messianic leaders, who have no respect for the division between faith and the secular state, is as wealthy and influential as corrupt and intolerant. During the last presidential elections, they were behind the two runner ups to Dilma Rousseff, which perhaps tilted the balance towards her reelection, warts and all. Even a progressive candidate such as Marina da Silva felt the need to acquiesce support from a homophobic pastor turned politician, in the misguided assumption that it’d help her. It didn’t and it made her even more vulnerable (helped, of course, by her own decision to turn away from the Amazon advocacy that had marked her previous public career).
    Brazilians in general haven’t completely wised up to what’s happening to their country where, at least culturally, inclusiveness and a healthy nonchalant disposition towards human sexuality in all its forms, were the norm. All that is gone now and many have used social media to express some of the ugliest forms of hate against lesbians, bisexuals, gays and transgender people, blacks (which continue to be a huge percentage, if not the majority of the population, completely disproportional to their social rank and power) and women’s rights, in ways that may set back the issue to the dark years of the dictatorship. It should offend and embarrass everyone with a minimal sense of dignity, and no religious affiliation to constrain his or her own independence of mind. And yet, the voices that have been protesting and demanding accountability for crimes of hate continue to be a minority in the Brazilian press and among affluential citizens. Thanks for being part of a growing segment trying to give voice to those who may not have, so they can have their rights respected as everyone else. And fuck this asshole Bolsonaro. Thanks

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